Diplômé en juin 2002 de l'Ecole nationale supérieure d'électrochimie et d'électrométallurgie de Grenoble (ENSEEG), Patrick prolonge par deux CDD de trois mois son stage dans une entreprise de traitement thermique. Puis il entre chez Soitec. Aujourd'hui, il s'apprête à travailler de nuit.
Accueil très organisé. Patrick est reçu par un responsable des ressources humaines. Présentation rapide de l'entreprise. Puis visite de la salle blanche avec un agent de sécurité et sensibilisation aux règles de propreté.
Ambiance conviviale. Pour son premier déjeuner, Patrick n'a pas eu à se poser de questions : son responsable et des collègues de son service l'ont convié à leur table. Il s'imprègne alors de l'ambiance. «Je ne me suis pas trop exprimé. J'ai juste répondu aux questions.» Puis il suit son chef en réunion. Très vite, ce dernier lui propose de le tutoyer.
Parade aux impairs. « On a fait le tour de la société. J'avais des visages et des noms plein la tête », se souvient-il. « Pour m'en rappeler, j'ai consulté le trombinoscope sur l'intranet. »
Prise de fonction planifiée. Patrick a suivi une formation durant trois mois : quinze jours de prise de contact, un mois d'immersion en production, à raison d'une semaine par zone, quinze jours en semaine nuit, puis un mois en semaine jour.
Tombé de la planète Mars. Lors de sa première réunion de production, Patrick n'a rien compris. « En microélectronique, un mot sur deux est en anglais. De plus, je ne connaissais pas les graphiques et je ne pouvais pas interrompre la réunion pour poser des questions.» Il a illico dressé une liste des mots incompris et demandé des explications. A la deuxième réunion de production, il a tout saisi.
Forte pression. « J'ai bien senti qu'en production, on nous met la pression pour maintenir les rendements. » Tout compte fait, Patrick aime bien ce boulot plus stimulant à ses yeux que la vie de bureau.
Convivialité. Après l'usine, il passe une partie de son temps sur des plateaux paysagers. « Au début, je me demandais si les gens s'observaient. En fait, c'est bien. Il y a du mouvement et cela permet de connaître les autres plus rapidement. C'est très convivial. »
Première gaffe. « Un week-end, j'ai posé un lot de plaques de monitoring sur des étagères et il a été impossible de les retrouver. Nous ne savons pas ce qui s'est passé. » Depuis, Patrick a ces fameuses plaques à l'œil.
Désormais, il travaillera le vendredi de 15h à 23h, le samedi et le dimanche de 17h15 à 5h15. «Les week-ends vont être riches en émotion, car je serai seul. Les plus francs m'ont dit en rigolant que j'allais en baver. » Mais Patrick pense s'en sortir. Le passage va se faire en douceur. « Je prendrai des décisions avec les techniciens, se rassure-t-il. Si je ne suis pas tout-à-fait opérationnel au début, ce n'est pas grave. »